Actus de l’action

Lettre ouverte à Monsieur Stuckens, à l’occasion de sa rencontre « On se dit tout » le 25 septembre 2018 à Villers-la-Ville

Mise à jour 11 octobre:
réponse de M Stuckens (plus bas dans la page)
Notre réponse à M Stuckens

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A Monsieur Stuckens, chef de file MR à la Province

VlV, le 20 septembre 2018

Objet : Lettre ouverte à Monsieur Stuckens, à l’occasion de sa rencontre « On se dit tout » le 25 sept 2018 à Villers-la-Ville

Copie à Monsieur Burton, chef de file MR à Villers-la-Ville et Anne-Michèle Pierard, colistière sur la liste provinciale et communale

« On se dit tout », nous dites-vous d’entrée de jeu dans votre message nous invitant à vous rencontrer avec Monsieur Burton au Moulin de Villers le 25 septembre prochain.

Nous sommes d’accord. On se dit tout. Dans le dialogue et le respect et sans éviter les sujets qui fâchent, exactement comme vous nous y invitez.

Alors, nous allons attirer votre attention sur un sujet d’une importance capitale pour notre avenir à tous dont pourtant vous ne dites pas un seul mot dans votre invitation : il s’agit du climat et de la biodiversité, pour lesquels 450 citoyens-nes de Villers-la-Ville se sont engagés-es. Monsieur Burton et Madame Pierard sont en mesure de vous en informer en détail. Ils ont été invités à s’exprimer exactement comme tous les candidats-tes qui se présentent aux élections à Villers-la-Ville, ainsi que vous pouvez vous en rendre compte en allant directement sur notre site http://vlvpourleclimat.be/.

On se dit tout. Alors nous vous le disons directement : oui les défis sont nombreux. Mais ils le sont bien plus que par le passé, car sans mettre en œuvre des politiques volontaristes pour rencontrer les enjeux qui découlent du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité, ce sont des jours bien sombres qui attendent tous-tes citoyens-es, toutes générations confondues. Nous sommes donc bien étonnés de ne pas lire un seul mot à leur propos dans votre missive. Pourtant la Province, à l’instar des communes, a énormément de capacités d’action.

Oui, nous devons investir dans l’éducation et la petite enfance, mais pas comme par le passé. Il nous faut des écoles énergétiquement sobres, ouvertes sur la nature, avec des collations locales et bios, des écoles protégées des pesticides et des autres polluants, et des crèches qui acceptent des langes lavables, pour donner quelques exemples.

Oui, il est urgentissime de repenser notre mobilité. On n’a que trop tardé ! Chez nous à Villers-la-Ville par exemple, c’est une vraie calamité pour essayer de se débrouiller sans automobile. C’est quasi impossible et nous savons que c’est le cas aussi dans d’autres communes de notre belle province.

Oui encore, l’accès au logement, bien plus que l’accès à la propriété doit être repensé. Mais en inscrivant ces logements dans la sobriété énergétique, en luttant plus énergiquement contre le mitage urbain et en développant un urbanisme bioclimatique. Plus que jamais nous aurons besoin de nos terres agricoles.

Oui, nous devrons être attentifs au vieillissement de la population, d’autant qu’avec les canicules annoncées, les personnes âgées seront de plus en plus en difficulté. Les maisons devront donc être adaptées, tout comme l’aide aux personnes notamment.

Mais au-delà de cela, il nous faut encore relocaliser l’économie, avancer vers l’économie circulaire et le zéro déchet, et développer la permaculture notamment.

Comme vous, nous souhaitons construire l’avenir. Mais nous pensons que ce dernier ne pourra être meilleur que si nous intégrons les enjeux qui nous attendent, pas en faisant semblant qu’ils n’existent pas. Il nous faut tous et toutes entendre  l’inquiétude du GIEC pour la sauvegarde du climat et l’appel de plus de 15000 scientifiques de 184 pays qui tirent la sonnette d’alarme sur l’état désastreux de notre planète. C’est seulement à cette condition que nous pourrons agir avec la responsabilité qui s’impose à chacun-e de nous.

Comme nous l’avons demandé aux candidats-tes de Villers-la-Ville, nous attendons de la Province un réel engagement pour le Climat et la Biodiversité et donc la mise en place d’un Plan clair et déterminé dans lequel chacun-e pourra s’investir. Pas quelques mesures, aussi sympathiques soient-elles.

Avec l’espoir d’être entendus et dans l’attente de votre réponse, nous vous envoyons nos salutations.

L’équipe de Villers pour le climat

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Chère équipe de Villers pour le Climat,

Je vous reviens comme promis.

Je ne peux, pour être exhaustif, que vous renvoyer vers le programme électoral de ma formation (pour cela, (http://admented.be/preview/mr/) mais aussi, pour être complet, vers les différents sites internet liés à la province et ses actions :brabantwallon.be ; Apibw.be ; https://www.partagedesconnaissancesbw.be/

Sachez cependant que toutes les matières que vous abordez et bien d’autres encore sont étudiées et développées dans le Contrat de développement territorial qui est un outil d’aide à la décision conçu pour les 27 communes du Brabant wallon afin d’analyser le territoire provincial, prévoir les tendances de son évolution et agir sans attendre en adaptant les politiques d’investissement sur les éléments clés de son développement. Il appréhende toutes les thématiques structurantes de notre territoire : mobilité, logement, économie, … son ambition est de proposer une vision concertée à très long  terme du territoire afin de prioriser intelligemment les investissements en Brabant wallon.

Plus de 81% de notre territoire est préservé en zone verte ou agricole, il est donc évident que la sensibilisation aux enjeux de la préservation de notre environnement et de la sauvegarde de nos écosystèmes au sein des écoles primaires, associations et communes sont prioritaires. Ainsi, par exemple, le Brabant wallon aide ses communes au financement pour l’acquisition de matériel permettant une gestion alternative aux pesticides et principalement le désherbage alternatif (opération « zero phyto ») mais aussi développe des actions de sensibilisation au compostage.

En outre, Le Brabant wallon a lancé un appel à projets pour soutenir les projets portés par les communes et associations qui ont pour objet le maintien ou le développement de la biodiversité sur son territoire. Ces projets doivent permettre l’augmentation du potentiel d’accueil de la vie sauvage (création de milieux refuges, de zones de nourrissage et de reproduction et de possibilités de déplacement d’un site à l’autre) ou permettre l’entretien de lieux ou d’ouvrages utiles au maintien des écosystèmes et à la sensibilisation des citoyens en matière de biodiversité. En matière de biodiversité, la Province soutient également les écoles pour soutenir un projet pédagogique, visant à la sensibilisation à l’environnement et à la biodiversité, mené dans une classe et/ou un cycle et/ ou une école primaire du Brabant wallon pour un des six thèmes suivants: l’alimentation durable, la biodiversité, l’eau, les déchets, l’énergie et le commerce équitable. Ce ne sont pas moins de 140 projets en matière de biodiversité qui ont été soutenus ces dernières années.

Aujourd’hui, un nouvel agro pôle de services en BW axé sur les nouveaux enjeux du territoire en termes d’alimentation, de gestion des ressources foncières et d’environnement se construit : EAT BW. En effet, un bâtiment a été acquis afin de devenir un espace de recherche collaboratif. Un budget spécifique y sera consacré pour explorer de nouveaux concepts innovants et respectueux de notre environnement, des projets qui répondent directement à une démarche de transition vers un modèle de développement alternatif.

Des programmes de formation des futurs agriculteurs aux évolutions de l’agriculture moderne et aux autres formes d’exploitation de la terre vont, par exemple, être adaptés.

En ce qui concerne l’éducation et la petite enfance, votre exemple d’école protégée des pesticides et autres polluants, sachez que la province a un Service d’analyse des milieux intérieurs qui a pour mission , autre autres, l’analyse de polluants intérieurs dans toutes les écoles du BW et qui ensuite prodigue une série de conseils et de solutions adaptés. Ainsi, plus de 1200 logements ont été déjà analysés par le SAMI avec un élargissement de ses missions aux crèches et aux écoles.

En matière de mobilité,  outre le Contrat de développement territorial, un réseau points-nœuds a été élaboré, c’est un réseau cyclable maillé de 1050 km à travers le Brabant wallon. Il est relié aux réseaux existants et futurs développés en Flandre, dans les Provinces du Hainaut, de Liège et de Namur. Actuellement, le balisage est effectif sur l’ensemble des communes du Brabant wallon excepté Braine-l’Alleud où le balisage est en cours.

Aussi, la Province du Brabant wallon et la Région wallonne ont commandé la réalisation d’un Plan provincial de Mobilité, étude visant à identifier les grands enjeux de mobilité dans le Brabant wallon à l’horizon 2030. Le diagnostic dressé dans le cadre de ce plan révèle le portrait d’une province en pleine croissance, mais indubitablement tournée vers le transport routier. L’habitat et les activités économiques ont été répartis de manière disparate sur le territoire exacerbant la mobilité individuelle et limitant l’efficacité du transport public. Les trois premières phases de l’étude sont sur le point de s’achever et une brochure de synthèse a été réalisée par la Province du Brabant wallon afin de présenter de manière succincte les grands enjeux pour la mobilité provinciale à l’horizon 2030.

Des règlements provinciaux permettent aux communes brabançonnes wallonnes d’obtenir des subventions pour des travaux et/ou des acquisitions de matériel permettant la création et/ou l’amélioration de cheminements cyclables, et d’autre part pour la sécurisation des voiries, permettant ainsi de favoriser les modes doux et protéger les usagers faibles. En outre, nos primes à l’achat d’un vélo électrique ont permis à plus de 5000 ménages de bénéficier d’un nouveau moyen de transport qui offre souvent une réelle alternative à la voiture.

Balisage, cheminements cyclables, promotion des alternatives à la voiture, nous avons investi plus de 10 millions d’euros en une législature pour tenter de repenser notre mobilité et les habitudes des usagers.

Pour ce qui concerne le logement, l’Agence de promotion immobilière du Brabant wallon (Apibw) a pour mission principale de lutter contre la pression foncière spécifique de notre territoire afin de permettre un accès facilité au logement pour les brabançons wallons.

En matière de vieillissement, la Province fournit un ensemble d’aides visant à permettre aux personnes âgées de garder une certaine autonomie. La Province soutient tous les services, publics ou privés, qui offrent une aide dans l’exercice des actes quotidiens, par des aides familiales qualifiées, pour toute personne dont l’état de santé physique et psychique le justifie (tâches ménagères, courses, repassage, préparation de repas, aides administrative, transport,  soutien moral…).

La province intervient aussi dans des projets de construction de résidence service (la Closière à Wavre, Val d’Orbais à Perwez) et élargit  la recherche vers des solutions innovantes en matière de logement (silver innovation).

En espérant avoir pu répondre à certaines de vos préoccupations, je vous réitère mon invitation à consulter le programme complet du MR qui dresse non seulement un bilan de nos actions mais aussi les projets pour le Brabant wallon.

Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer, chère équipe de Villers pour le Climat, l’expression de mes salutations distinguées.

Tanguy STUCKENS

Député provincial

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Villers pour le Climat

vlvpourleclimat@gmail.com

C/O M. Gilkinet, secrétaire de service

071 876779

 

A Monsieur Stuckens, chef de file MR à la Province

 

VlV, le 11 octobre 2018

Objet : Réponse à votre missive du 10 octobre 2018 en réponse à notre lettre ouverte « On se dit tout »

Bonjour Monsieur Stuckens,

Tout d’abord nous souhaitons vous remercier d’avoir pris le temps de répondre de manière détaillée à notre interpellation.

Ensuite vous informer qu’avant même que vous nous le suggériez nous avions pris le temps de lire attentivement le programme électoral du MR pour la Province.

Certes, nous avons bien vu votre souci de préserver les espaces verts de notre beau territoire, mais nulle part nous n’avons pu saisir votre préoccupation pour le climat. Nous n’avons pas trouvé de plan climat, ni même une ébauche de plan climat alors que nous avons bien vu qu’il existe un plan et un engagement pour la transition numérique et pour renforcer le développement économique de notre province, par exemple.

Vous nous dites : « Sachez cependant que toutes les matières que vous abordez et bien d’autres encore sont étudiées et développées dans le Contrat de développement territorial qui est un outil d’aide à la décision conçu pour les 27 communes du Brabant wallon afin d’analyser le territoire provincial, prévoir les tendances de son évolution et agir sans attendre en adaptant les politiques d’investissement sur les éléments clés de son développement. Il appréhende toutes les thématiques structurantes de notre territoire : mobilité, logement, économie, … son ambition est de proposer une vision concertée à très long  terme du territoire afin de prioriser intelligemment les investissements en Brabant wallon. »

Si plusieurs points étudiés dans le Contrat de développement territorial (mobilité, production énergétique, dépendance économique, démographie …) nous permettent effectivement de mieux approcher les données physiques nécessaires pour visualiser la hauteur des enjeux et les moyens à mettre en œuvre, aucun élément ne permet de se faire une idée concrète sur les engagements provinciaux.

Par ailleurs, si on examine de près vos propositions et qu’on les comptabilise en matière de production de CO2, on se rend vite compte que les projets que vous portez produisent beaucoup plus de CO2 que les mesures que vous soutenez pour la biodiversité et le climat en épargnent, alors que bien entendu, c’est exactement le contraire auquel il faudra arriver. Si on les examine de manière comptable, on voit exactement la même chose : le financement des projets producteurs de CO2 est infiniment mieux assuré que les actions de soutien à la biodiversité et au climat.

Le rôle essentiel de la Province consiste à protéger et à promouvoir au mieux les intérêts provinciaux. C’est la Province elle-même qui détermine ce qui constitue un intérêt sur son territoire. Dans la hiérarchie des normes, la Province arrive après les autres niveaux de pouvoir. L’action des Provinces consiste en quelque sorte à gérer des intérêts à la fois trop généraux pour que les Communes s’en chargent et trop particuliers pour que l’Etat fédéral ou les Régions les prennent en main.  La Province peut faire tout ce que les autres niveaux de pouvoir ne font pas. C’est dire son importance particulièrement sur les matières qui engagent les générations à venir dont le climat et la biodiversité.

Partout dans le monde des groupes de citoyens s’engagent sur ces matières d’une manière déterminée. De plus en plus souvent la justice leur donne raison. Ainsi ce 9 octobre, la cour d’appel de La Haye a confirmé la condamnation de l’Etat hollandais à agir plus rapidement avec ces mots : « Compte tenu des grands dangers qui risquent de se produire, des mesures plus ambitieuses doivent être prises à court terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de protéger la vie et la vie familiale des citoyens ». Pour Marie-Anne Tan-de Sonnaville, la juge qui présidait l’audience : « Tout report des réductions d’émissions exacerbe les risques liés au changement climatique. Le gouvernement néerlandais ne peut pas se cacher derrière les émissions d’autres pays. Il a le devoir indépendant de réduire les émissions de son propre territoire« [i]

En France, l’association « Notre affaire à tous » lance un appel à témoignages aux victimes et associations de victimes françaises du changement climatique, ainsi qu’aux associations de protection de l’environnement naturel et des espèces animales qui observent chaque jour leur mise en danger du fait du réchauffement climatique.[ii]

En Belgique, l’affaire-climat compte 37177 codemandeurs à ce jour.

Aujourd’hui déjà le changement climatique et la perte de la biodiversité affectent directement les populations. L’actualité nous le démontre chaque jour. Ceci nous tracasse énormément car, comme vient de le rappeler une fois de plus le GIEC, la mandature qui vient sera décisive si nous voulons nous donner une chance de rester dans la zone de 1,5 °. C’est dire la responsabilité qui nous incombe à tous.

Nous restons donc avec notre question : que va faire la Province du Brabant wallon pour assurer que la production de gaz à effet de serre sur son territoire diminue de 45% à l’horizon 2030 ? Nous ne savons toujours pas.

En vous remerciant pour votre attention et en espérant que notre action aidera à réorienter les lignes politiques mises en place ainsi que leur financement, nous vous envoyons nos salutations.

 

L’équipe de Villers pour le climat

[i] https://fr.euronews.com/2018/10/09/gaz-a-effet-de-serre-l-etat-neerlandais-condamne-en-appel

[ii] https://notreaffaireatous.org

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